
Pourquoi passer à l’action ?
La raison la plus évidente pour économiser l’énergie est tout simplement le prix qui ne cesse d’augmenter ! Quand le baril de pétrole dépasse les 100 dollars, on perçoit très concrètement l’impact sur le portefeuille et les astuces pour passer à l’action deviennent incontournables !
Les changements climatiques sont un problème auquel il faut répondre de manière urgente et décidée. Les conséquences d’une augmentation de la température moyenne du globe de 2°C sont catastrophiques et se manifestent déjà actuellement.
Ajoutons que les réserves de sources d’énergies les plus utilisées dans le monde sont limitées, au rythme actuel de consommation, à quelques dizaines d’années : charbon (27% de l’énergie utilisée, 180 ans), gaz (23%, 60 ans), pétrole (35%, 40 ans) et uranium (5%, 50 ans).
Et elles sont très inégalement réparties dans le monde, ce qui entraîne des tensions géopolitiques.
Le cas particulier de l’électricité
Nous ne trouvons pas d’électricité sous forme utilisable dans la nature : nous devons la produire à partir d’une autre source d’énergie. De ce fait, derrière l’image de propreté de l’électricité (il n’y pas de pot d’échappement, pas de cheminée), se cache un énorme gaspillage d’énergie (il faut en moyenne 2,5 kWh d’énergie primaire pour produire 1 kWh d’électricité) et des émissions qui peuvent être très élevées (en particulier lorsque une part importante de l’électricité est produite dans des centrales au charbon comme c’est le cas en Chine, en Inde ou aux Etats-Unis).
Le prix s’en ressent en conséquence : 1kWh électrique coûte grosso-modo trois fois plus cher qu’un 1kWh de gaz ou de mazout !
Dans l’idéal, réservons l’électricité à l’éclairage et aux appareils électriques, et évitons de l’utiliser pour des applications qui nécessitent de la chaleur : chauffage, eau chaude et cuisson.
L’énergie grise
Les éléments repris ici concernent plus particulièrement
l’énergie directe : celle que nous pouvons facilement chiffrer
(litres de carburants ou de mazout, kWh d’électricité, m³
de gaz …) et pour lesquels nous avons une facture détaillée.
Mais cela ne représente qu’une partie de l’énergie
que nous consommons : toutes nos activités, à de rares exceptions
près, utilisent de l’énergie que ce soit pour l’alimentation,
la fabrication des biens, le transport ou la gestion des déchets. Au
total, l’énergie grise représente 2/3 de l’énergie
que nous consommons !
Comment faire ?
Dans le logement le plus gros poste de consommation est de loin le chauffage (70% de l’énergie consommée et 55% de la facture). Une bonne isolation, ainsi qu’une ventilation efficace du bâtiment sont de ce fait une priorité absolue. A côté de cela il y a une multitude de gestes à adopter pour économiser cette précieuse énergie.
Adoptons la Négawatt attitude (en référence aux MWh non consommés) en combinant sobriété, efficacité et énergies renouvelables. Parce que pour arriver à contenir notre boulimie énergétique il faut à la fois agir sur nos comportements, utiliser des appareils qui consomment moins et recourir aux énergies renouvelables pour couvrir le reste de la consommation d’énergie.
Étape 1 : la sobriété
La sobriété consiste à éviter autant que possible les gaspillages et le suréquipement : plutôt que de choisir plus gros, plus équipé, plus sophistiqué, plus nouveau, choisissons des appareils qui répondent réellement à nos besoins, qui sont réparables et utilisons-les de manière économe et en veillant à leur bon entretien. La première chose à faire est donc d’agir sur nos comportements, parce que la technologie ne suffit pas à nous procurer des solutions, notamment à cause de l’effet rebond : si on arrive à économiser de l’argent avec un appareil qui consomme moins, et que l’on en profite pour acheter des appareils dont on a moins besoin, une plus grosse voiture ou un petit week-end en avion, on perd le bénéfice de l’énergie économisée. De même si on utilise plus intensivement ou plus nonchalamment un appareil sous prétexte qu’il est « plus économe ».
Exemples :
- Je baisse le thermostat d’1°C, je coupe le chauffage en cas d’absence et la nuit, je fais entretenir la chaudière, je dégage les radiateurs ….
- Je baisse la température de l’eau chaude, je préfère une douche à un bain, je coupe l’eau quand je me savonne.
- J’utilise moins la voiture (e.a. pour les petits trajets) : je préfère la marche et le vélo, les transports en commun, le covoiturage, les voitures partagées….
- Je profite au maximum de la lumière du jour, j’éteins la lumière dans les pièces inoccupées, je dépoussière les luminaires
- J’utilise et j’entretiens correctement les appareils (notamment les filtres), je préfère les programmes basse température pour le lave-linge et le lave-vaisselle, je dégivre le congélateur, j’évite le séchoir, j’utilise un multiprise à interrupteur pour éviter les consommations de veille.
- Je préfère cuisiner au gaz qu’à l’électricité (cela me coûte deux fois moins cher) et je mets un couvercle sur les casseroles.
- J’adopte l’éco-conduite et j’entretiens bien mon véhicule (pneus bien gonflés, pas de charge ou de porte-bagages inutiles…).
Étape 2 : l’efficacité énergétique
Lorsqu’un appareil ou un système permet de fournir un même
service en consommant moins d’énergie on parle d’efficacité
énergétique. Dans ce cas on mise sur les progrès technologiques.
Attention cependant à réfléchir globalement : s’il
est vrai qu’un nouveau lave-linge consomme moins qu’un appareil
d’il y a 10 ans ou qu’une voiture récente émet moins
de CO2 qu’une voiture équivalente d’il y a 5 ans il faut
tenir compte de l’énergie nécessaire pour fabriquer, transporter
et recycler ces produits, c’est ce que l’on appelle l’énergie
grise !
Exemples :
- Je renforce l’isolation de mon logement et je veille à ce que la ventilation soit efficace, je choisis un chauffage basse température, j’installe une chaudière à condensation,
- J’utilise une douchette économique (6 à 8l/min) et un mousseur, j’isole le boiler.
- Je choisi des appareils plus économes : classe A++ pour les frigos et congélateurs, ordinateurs portables, classe A pour les lave-linge…
- Je diminue la puissance installée pour l’éclairage : je place des tubes fluorescents, des ampoules économiques ou des LEDS
- Si j’ai vraiment besoin d’une voiture, j’en choisis une qui consomme moins (plus petite, plus légère, mieux profilée…)
Étape 3 : les énergies renouvelables
Les énergies renouvelables permettent de préserver les ressources
d’énergie fossile et d’uranium, de diminuer les émissions
de CO2 et la quantité de déchets radioactifs.
Actuellement elles représentent tout au plus 10% de la consommation d’énergie
mondiale mais elles sont appelées à se développer massivement.
Cependant, elles ne suffiront pas pour couvrir toute notre demande en énergie,
d’autant que les besoins vont en croissant (vu l’augmentation de
la population et du développement rapide de certains pays).
C‘est pourquoi il est tellement important de diminuer sa consommation
autant que possible et de couvrir celle-ci avec des énergies renouvelables.
Exemples :
- J’opte pour des panneaux solaires ou une pompe à chaleur pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire.
- Je choisis un fournisseur d’électricité verte (voir le classement de Greenpeace à ce sujet).
- Si j’ai des réserves d’argent suffisantes et que l’isolation de mon logement est correcte, j’installe des panneaux photovoltaïques.
- Je me chauffe au bois (bûches, pellets, briquettes, plaquettes …).
Pour aller plus loin !
Le Défi Energie à Bruxelles, mené par écoconso pour le compte de Bruxelles Environnement http://www.defi-energie.be/menages
Informations générales
- Mieux utiliser sa voiture - Fiche-conseil n°119
- La voiture électrique - L’Art d’éco... consommer n°55 - Dossier
- Les pompes à chaleur - L’Art d’éco... consommer n°53 - Dossier
- Le chauffage au bois - Fiche-conseil n°141
- Les maisons passives - Fiche-conseil n°149
- Luttons contre l’effet de serre - Fiche-conseil n°029
- L’énergie grise - Fiche-conseil n°153
- L’énergie photovoltaïque - L’Art d’éco... consommer n°28 - Dossier
- Projet Exit CO2 www.exit-co2.be
- Manière de voir — Batailles pour l’énergie, dossier du Monde Diplomatique, février-mars 2011
- association négaWatt - www.negawatt.org
- BP Statistical Review 2010
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