Alimentation bio, équitable, locale...
Nous achetons et consommons tous les jours de multiples denrées alimentaires : fruits et légumes frais, viande, poisson, pâtes, boissons, surgelés, yaourts, conserves, etc. Cela représente quelque 18 kg d’aliments par semaine et par ménage, et correspond à plus ou moins 15% de nos dépenses. Autant dire que c’est toute une gestion !
Les achats alimentaires sont aussi l’occasion de se poser de multiples questions, en particulier lorsque l’on cherche à être un consommateur responsable. Comment faire pour acheter mieux avec mon rythme de vie et mes 3 enfants ? Le bio est-il réellement meilleur pour la santé ? Comment être sûr que l’argent du commerce équitable va bien au producteur ? Les produits bio sont-ils plus chers ? Comment identifier la provenance des produits frais ? Ont-ils été traités par des pesticides ? Devrais-je privilégier du miel d’ici ou d’Amérique du Sud mais issu du commerce équitable ? Est-ce raisonnable d’acheter des haricots verts bio du Kenya ? Existe-t-il des producteurs chez qui m’approvisionner dans mon coin ? Est-ce vrai que trop de sucre nuit à la santé ? Et de multiples autres questions encore.
Ce dossier cherche à éclairer divers aspects concrets généralement associés à l’alimentation durable : l’agriculture biologique, le commerce équitable et la production locale.
Il vise aussi à aider le consommateur à concilier ces solutions. La combinaison finale sera cependant fonction des choix individuels et de l’importance donnée par chacun aux critères environnementaux et/ou éthiques et/ou de santé.
1. L’agriculture biologique : c’est quoi ?
L’agriculture biologique constitue un mode de production qui
trouve son originalité dans le recours à des pratiques culturales
et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi,
elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite
l’emploi d’intrants (tout ce que l’on ajoute à la terre : engrais,
pesticides...). Le bio suit un cahier des charges strict qui privilégie,
à tous les stades, le respect de l’agriculteur, de la nature, des
animaux, de notre environnement et de la santé. En bio, les produits
chimiques de synthèse ne sont pas autorisés, les animaux disposent
d’espaces suffisants pour vivre, l’adjonction systématique
d’antibiotiques aux aliments des animaux est interdite, etc.
Les produits issus de l’agriculture biologique sont contrôlés
et reconnaissables au travers de labels. Par exemple :
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Label biogarantie |
Label Nature & Progrès |
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Logo européen de l’agriculture biologique,
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Ces labels se distinguent par la gamme de produits qu’ils couvrent (alimentation, textile, etc.), par les critères sociaux, écologiques et économiques contrôlés et par l’organisme de contrôle qui octroie la certification (voir aussi www.infolabel.be pour tous les détails sur ces labels et d’autres). D’autres logos privés permettent de distinguer des « marques » de produits biologiques.
Quelques chiffres
Le bio représente près de 2% du marché de l’alimentation.
En Belgique, on compte quelque 250 points de vente spécialisés,
en plus de la vente de produits bio dans les supermarchés. Côté
production, le nombre de producteurs et de transformateurs bio et les superficies
cultivées en bio sont en augmentation. Idéalement, on verrait
l’offre de produits bio locaux augmenter parallèlement à
la demande.
Plus cher le bio ? Oui mais…
Oui, les produits bio sont en règle générale plus chers
mais pas toujours. Et c’est à nuancer :
- le surcoût s’explique par une échelle de production plus petite et parfois des coûts en main d’œuvre plus élevés. Toutefois, le coût du transport de produits issus du Sud est parfois compensé par une main d’œuvre meilleure marché. Les conditions sociales de production peuvent ainsi être garantie par un label de commerce équitable.
- des études montrent que les ménages qui se fournissent dans des magasins bio spécialisés ou directement chez le producteur consacrent moins d’argent en moyenne pour l’alimentation car ils sont plus proches de leurs besoins réels.
- le prix des aliments conventionnels est sous-estimé car il ne tient pas compte des impacts sur l’environnement (par exemple pour la dépollution des eaux) et la santé. Ainsi, concernant la santé, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a démontré que les aliments bio contiennent moins de pesticides et de résidus de médicaments vétérinaires et, dans bien des cas, de nitrates. La FAO a aussi montré que l’agriculture biologique peut contribuer à la lutte contre la faim.
- certains produits bio sont sensiblement plus chers que leurs correspondants non bio, c’est typiquement le cas de la viande. La solution ici est de consommer moins de viande mais de bien meilleure qualité !
- la viande et les légumes bio ne fondent ou ne sèchent pas comme des aliments « traditionnels » et sont plus riches en nutriments (selon Nature & Progrès, de 20% à 75% en plus de vitamines, protéines, oligo-éléments, sels minéraux…).
2. Le commerce équitable, c’est quoi ?
Selon l’Organisation Mondiale du Commerce équitable (www.wfto.com),
le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur
le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir
à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue
au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales
et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés,
tout particulièrement au Sud de la planète.
Supportées par les consommateurs, les organisations de commerce équitable
sont activement engagées à soutenir les producteurs, à
sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements
dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel.
Ainsi, un principe du commerce équitable est la garantie donnée
aux petits producteurs de commercialiser leurs produits à des prix qui
couvrent les coûts d’une production durable tant du point de vue
social qu’environnemental. C’est également une garantie de relative
stabilité des prix et la mise en place de conditions et de délais
de paiement, voire des possibilités de préfinancement, qui évitent
aux paysans et aux artisans de brader leurs produits ou d’avoir recours à
des prêts à taux usuriers.
Les produits et les organisations de commerce équitable se conforment
à une grille de critères et sont aussi reconnaissables par des
labels, des logos et des marques. Par exemple :
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Logo de l’organisme de certification |
Marque de l’organisation |
![]() |
![]() |
Marques de l’organisation Oxfam-Magasins |
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Les produits du commerce équitable sont disponibles dans de multiples
magasins et points de vente (voir www.befair.be). Ils se distinguent par les
gammes de produits commercialisés et par le type de contrôle opéré
sur la filière de production et de commercialisation. On peut ainsi trouver
des produits du commerce équitable auprès des organisations de
commerce équitable, dans les magasins engagés, dans la grande
distribution et auprès des détenteurs de licence Max Havelaar.
3. L’alimentation locale
Le produit « idéal » serait un produit dont
les matières premières et la transformation sont effectuées
localement. Il serait directement vendu par le producteur aux consommateurs
selon le concept de « circuit court ». Cela permet de réduire
le transport des produits, d’offrir une meilleure rémunération
au producteur puisqu’il n’y a pas d’intermédiaires
et de créer un contact direct ainsi qu’une relation de confiance
avec celui-ci.
L’alimentation locale peut prendre diverses formes. La plus répandue
est sans doute l’achat de produits locaux dans les circuits conventionnels
de distribution (épiceries, supermarchés, etc.) Pour favoriser
le circuit court, on peut se tourner vers :
- les groupes d’achats communs ou GAC qui gèrent collectivement l’achat de produits locaux.
- les groupes d’achats solidaires ou GAS qui soutiennent volontairement certains producteurs.
- l ’achat direct au producteur sur un marché ou au lieu même de production.
Conseils pour une alimentation durable
L’agriculture biologique, le commerce équitable et une alimentation
à base de produits locaux font partie intégrante d’une alimentation
durable. Ces concepts se renforcent mutuellement. Il ne s’agit donc pas
forcément de « choisir » entre ces produits mais plutôt
de « concilier » ces produits en fonction de critères personnels
et de possibilités réalistes autour de soi. La valorisation de
produits bio, équitables et locaux est aussi une manière d’encourager
un mode de production familial et une agriculture paysanne. On pourrait donc
procéder par gradation dans ses choix :
- réfléchir avant d’acheter afin d’adapter les quantités aux besoins, établir une liste de courses, valoriser les restes, etc. pour éviter le gaspillage. C’est à ce moment que les véritables économies se réalisent. C’est aussi l’occasion d’identifier les fruits et légumes de saisons, d’envisager un petit potager, etc.
- lorsque c’est possible, privilégier des produits bio qui soient en même temps des produits locaux. Le transport est en effet une cause importante des émissions de gaz à effet de serre. Les produits en vrac auront aussi nos préférences pour réduire les déchets d’emballage.
- pour les produits du Sud, privilégier des produits bio et équitables : café, bananes, oranges, thé, etc.
Adresses utiles :
- Biottin : répertoire détaillé des points de vente directe à la ferme ou sur les marchés, magasins spécialisés, services de livraison à domicile, abonnements aux paniers bio, groupements d’achats locaux mais aussi, restos 100% bio, gîtes à la ferme, fermes pédagogiques bio, etc. Infos : Nature & Progrès, 081 32 30 57 | www.natpro.be
- Début des haricots : asbl ayant pour but la protection de l’environnement, avec l’alimentation comme thème prioritaire : www.haricots.org
- Bioforum : retrouvez-y notamment les adresses de magasins, paniers bio, point de vente à la ferme... : www.bioforum.be
- Guide pour une alimentation durable à Bruxelles : www.observ.be
- Calendrier des fruits et légumes locaux, de saison et bio de Nature & Progrès, ainsi que le guide des fruits et légumes bio : www.natpro.be
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