Le point sur l’amiante
(2004)QU’EST-CE QUE L’AMIANTE ?
L’amiante (nom masculin du grec amiantos, incorruptible), ou l’asbeste (nom masculin du grec asbestos, incombustible) est une roche naturelle. Les deux termes sont synonymes. Ils désignent six variétés de minéraux de structure fibreuse qui sont des silicates hydratés : la crocidolite (amiante bleu), l’amosite (amiante brun), l’anthophyllite, l’actinolite, le trémolite et le chrysotile (amiante blanc). Ce dernier est une roche serpentine (silicate de magnésium) tandis que les autres sont des amphiboles (silicates de fer et de sodium ou de magnésium).
L’amiante est extrait de mines, le plus souvent à ciel ouvert, situées essentiellement au Canada, en Russie, en Afrique du Sud, au Zimbabwe et au Brésil.
La propriété la plus connue de l’amiante est son excellente résistance au feu et à la chaleur. La longueur et la résistance des fibres permettent leur filage et leur tissage.
Bon isolant thermique et acoustique, l’amiante possède encore plusieurs propriétés précieuses comme une résistance à la corrosion, une résistance mécanique significative et de bonnes affinités avec des liants, tel le ciment ou le carton. L’industrie s’est donc emparée de l’amiante pour développer, dès la fin du 19ème siècle, de nombreux produits et applications. On estime à plus de 3.000 le nombre de produits différents pour lesquels l’amiante a été utilisé. Lorsqu’on sait en plus que l’amiante est bon marché, on comprend toutes les raisons de son succès tant dans les bâtiments professionnels (bureaux, magasins, écoles,...) que dans l’habitat privé.
LES MALADIES DE L’AMIANTE
L’amiante a la propriété de se séparer en fibres extrêmement fines et longues. Leur longueur est parfois 100 fois supérieure à leur épaisseur. Leur diamètre est de l’ordre du dixième, voire du centième de micron (un micron est mille fois plus petit qu’un millimètre). Plus une fibre est longue et fine, plus elle est"respirable" et donc dangereuse pour la santé. Une fibre de laine ou de coton, par exemple, est retenue par les poils et les sécrétions du nez. La fibre d’amiante, en revanche, se positionne au milieu du conduit respiratoire, suit parfaitement les virages de celui-ci et atterrit dans les alvéoles pulmonaires. Les cellules de défense de l’organisme, les macrophages, incapables d’envelopper une si longue fibre meurent et la fibre d’amiante reste en place. De plus, la composition chimique de la fibre n’est pas altérée au contact des liquides physiologiques. On dit qu’elle est biopersistante.
L’inhalation de fibres d’amiante peut être à l’origine de trois types de maladie :
- la plus courante, l’asbestose, est une fibrose pulmonaire provoquée par l’inhalation intense et prolongée (10 à 20 ans) de grandes quantités de poussières d’amiante. La maladie continue à progresser même si le malade est soustrait au risque. Elle se traduit par une diminution progressive de la capacité respiratoire. Les cas graves peuvent être mortels ;
- le cancer du poumon est une affection qui apparaît après une exposition intensive à l’amiante. Le délai d’apparition est très long : 20 à 30 ans après l’exposition initiale. Les cancers du poumon ne sont pas tous liés à l’amiante, le tabac étant le plus souvent en cause. Mais pour les fumeurs, le risque d’apparition de la maladie est multiplié par 50 ;
- le mésothéliome est un cancer de la plèvre (enveloppe externe des poumons) et du péritoine (enveloppe de la cavité abdominale) spécifique de l’amiante. Il semble qu’une exposition même faible ou de courte durée puisse être à l’origine de cette maladie. La période de latence est très longue : 30 à 40 ans après l’exposition. L’espérance de vie avec un mésothéliome est de 15 mois environ.
Les deux premières maladies sont typiques d’une exposition professionnelle. Par contre, le mésothéliome, qui n’est pas lié à une exposition forte ou de longue durée, peut frapper en dehors du milieu de travail. Les thérapeutiques ne sont pas efficaces. La prévention d’exposition aux fibres est donc essentielle.
QUI PEUT RENTRER EN CONTACT AVEC LES FIBRES D’AMIANTE ?
L’utilisation de l’amiante à grande échelle dans le passé laisse supposer qu’on peut s’attendre à une augmentation des maladies de l’amiante jusqu’en l’an 2010. La plupart des ouvriers ayant été exposés à de grandes concentrations en fibres par le passé (dans les mines d’extraction, les fabriques d’amiante-ciment...) en sont morts bien des années après. Aujourd’hui, les travailleurs sont protégés par la législation.
Actuellement, les risques sont liés aux corps de métier du secteur de la construction : les plombiers, les chauffagistes, les électriciens, les menuisiers... qui interviennent régulièrement dans ces bâtiments. Mais aussi les garagistes qui manipulent les matériaux de friction contenant de l’amiante. Ces métiers indépendants ne sont pas protégés par la législation du travail. Une information particulière doit être prévue pour ces métiers à risque.
Il existe actuellement un risque d’exposition non négligeable des travailleurs sur les chantiers de décontamination mal gérés, où la concentration de l’air en fibres d’amiante deviendrait plus importante après l’enlèvement des matériaux contaminés qu’avant.
L’exposition non professionnelle à l’amiante est liée à l’émission provenant de matériaux de construction et d’isolation des bâtiments publics ou privés. La concentration des fibres d’amiante dans l’environnement intérieur va dépendre de l’activité humaine (travaux d’entretien, de démolition ou de rénovation) et des sévices du temps qui endommagent les matériaux et qui dispersent les fibres dans l’air.
Le trafic automobile est également responsable d’une élévation de la concentration de fibres d’amiante près de certains points de circulation intense par usure des plaquettes de freins et des disques d’embrayage.
L’INTERDICTION DE L’AMIANTE
La Belgique a adopté le 3 février 1998 (M.B. du 21 février 1998), un arrêté royal limitant la mise sur le marché, la fabrication et l’emploi de certaines substances dangereuses (amiante).
Cet arrêté concerne toutes les variétés d’amiante hormis le chrysotile qui reste toléré sauf pour la fabrication et l’emploi de certains produits (jouets, articles
pour fumeurs, matériaux isolants, flocages...).
Voir Fiche-conseil n° 89 : "L’amiante dans la maison".
A ces produits interdits contenant du chrysotile viennent encore s’en ajouter d’autres pour lesquels une date-butoir d’interdiction a été fixée afin que les industriels producteurs, importateurs et autres utilisateurs puissent se rabattre sur des produits de substitution. Ainsi, les matériaux en amiante-ciment sont interdits depuis le 3 mars 1998.
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L’arrêté impose également l’étiquetage des produits contenant de l’amiante : le symbole "a"la mention "Attention contient de l’amiante" et des conseils de sécurité. |
Site intéressant : http://www.amiante.inrs.fr/
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