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Du conseil à l'action

 

Fiche Conseil N°030

Le compost

(septembre 2003)

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Bon nombre d’entre nous trient leurs déchets et les remettent à des collectes sélectives pour qu’ils soient recyclés. Après avoir séparé les matériaux inertes (verre, plastique, papier) il reste dans la poubelle de la cuisine des déchets organiques. Ils peuvent servir à fabriquer un engrais de qualité : le compost. Le mot "compost" signifie engrais composé et désigne un fertilisant à base de fumier, de feuilles, de paille, de résidus de récolte, de tonte de gazon, de sciure, de déchets de cuisine et d’autres matières organiques déchiquetées, mélangées et mises en tas.
Pas besoin d’un grand jardin, ni de déchets en quantité ; tout le monde peut réaliser un compost, même sur une terrasse !

QUE SE PASSE-T-IL LORS DU COMPOSTAGE ?

Dans certaines conditions favorables, les matières organiques mises en tas sont peu à peu désagrégées puis remaniées grâce à l’intervention de micro-organismes (bactéries, champignons,...) et d’organismes vivants comme les vers de terre, les insectes,... Ces réactions nécessitent de l’oxygène et dégagent de la chaleur. La température s’élève au fur et à mesure de la décomposition. Elle peut atteindre 50 à 70°C. Puis elle diminue. Cette température élevée élimine en partie les semences de mauvaises herbes, les virus, les bactéries ainsi que les nématodes (sorte de stérilisation).

Le compost est mur après :

  • 3 à 6 mois, au printemps et en été ;
  • 6 à 9 mois, en automne et en hiver.

COMMENT REALISER UN COMPOST ?

Tas ou compostière ?

On peut obtenir un excellent compost en tas comme en compostière. Le choix dépend du volume des déchets et de la place disponible.
A la campagne ou dans un grand jardin, constituer un tas permet de traiter de grandes quantités sans occasionner de frais. Dans les petits jardins, une compostière convient mieux et présente un aspect plus soigné. En outre, le compostage y est souvent plus rapide. On peut la fabriquer soi-même ou l’acheter. Elle peut être en treillis, en matière synthétique, en béton ou en bois. Dans ce cas, il faut veiller à ce que le bois ne soit pas traité avec des biocides nuisibles aux micro-organismes du compost. Le volume doit être adapté aux besoins et valoir au minimum 1m3. En dessous de cette capacité, le compostage se fait moins bien. Il faut choisir une compostière résistante aux intempéries (un couvercle incliné protège des pluies) et possédant une ouverture suffisante dans le bas pour extraire le compost mûr. Une paroi amovible facilite le mélange du contenu. Avoir deux compostières ou une compostière à deux compartiments est pratique : dans l’un le compost mûrit tandis que l’autre accueille les nouveaux déchets. Même avec un compostage bien conduit, on ne peut garantir l’absence d’odeurs ou de mouches. C’est pourquoi, il vaut mieux placer le tas de compost (ou la compostière) au fond du jardin, loin de l’habitation mais dans un endroit d’accès facile.

Quels déchets composter ?

Il faut mélanger des matières organiques d’origine végétale et animale, sèches et humides et veiller à équilibrer les apports d’azote et de carbone :

  • Les déchets du ménage : épluchures de fruits et légumes, marc de café, sachets de thé, fleurs fanées, coquilles d’oeufs, papier coupé en lanières, croûtes de fromages, poils, cheveux,...
  • Les déchets du jardin : herbe coupée, feuilles mortes, tailles de haies (broyées), déchets du potager, mauvaises herbes non montées en graines, écorce, litière d’animaux, cendres de bois et de barbecue (riches en éléments minéraux), paille, sciure,...

Par contre, il faut éviter les plantes portant des graines (pour éviter la germination de mauvaises herbes), les plantes malades, les herbes coupées provenant d’une pelouse traitée, les épluchures d’agrumes traités, les restes d’aliments préparés et la viande (ils attirent les rats, les souris et les mouches), les plastiques,...

Voir aussi fiche n°85 : "Que peut-on composter ?".

Il faut veiller à un bon équilibre carbone/azote des déchets à composter :

  • Prépondérance d’azote : orties, tiges de légumineuses, guano, fumier de volaille, fumier avec paille de bovins, de chevaux, poudre d’os, de sang, de sabot et de corne.
  • Prépondérance de carbone : tailles de haies ou d’arbustes, feuilles d’automne, paille.
  • Equilibre carbone/azote : déchets de cuisine, herbes, mauvaises herbes, plantes d’ornement, légumes verts, feuillages de pommes de terre ou de tomates, algues marines.
  • Absence d’azote : papier journal ou carton, sciure de bois.

Comment conduire le compostage ?

Pour assurer le bon déroulement de la fermentation, l’entreposage doit se faire à l’abri du soleil et de la pluie. Si le compost est trop sec, il faut l’arroser. S’il est trop humide, il faut l’aérer. La teneur optimale en eau est de 40 à 60%.
Le compost devrait être en contact avec le sol pour permettre un apport d’organismes indigènes et un écoulement de l’eau en excès.
Pour démarrer la fermentation, il est recommandé d’apporter quelques pelletées de compost mûr ou à défaut, de terre du jardin, riche en micro-organismes.

D’autres compléments peuvent être bénéfiques :

  • la chaux, le maërl ou encore la poudre d’algues calcaires si le pH du tas est trop acide (le pH optimal est d’environ 7) ;
  • la poudre de basalte ou de lave fixe les odeurs indésirables et contribue à la formation d’un humus stable (5kg/m3) ;
  • L’argile. La terre argileuse contenue dans les racines des plantes suffit généralement. Pour améliorer le compost destiné aux sols sableux, il faut apporter l’argile sous forme de poudre de roche, riche en oxyde d’aluminium (par exemple : bentonite à raison de 1 à 2 kg/m3) ;
  • les orties entières, avant floraison, constituent un très bon activateur de compost.

Faut-il brasser le compost ?

Brasser ramène au centre les matières de la périphérie. Cela aère le compost, assure un nouvel apport d’azote pour les micro-organismes et le redémarrage de leur activité. Il faut mélanger le tas après 4 à 6 semaines.

Stockage

Il ne faut pas stocker le compost pendant plus d’1an sinon les substances organiques se minéralisent trop et ne peuvent plus suffisamment contribuer à l’enrichissement du sol.

Comment utiliser le compost ?

La dose annuelle de compost à apporter au sol varie entre 1 et 5 kg par m2 selon les cultures (potager, verger, parterre de fleurs, ...).

Le compost peut être ajouté en surface, enfoui dans les premiers centimètres du sol ou mélangé à l’ensemble de la couche arable sur une profondeur n’excédant pas 20 cm.
Les utilisations du compost dépendent aussi de son degré de maturation. Le compost mûr (3 mois à 1 an) contient des matières organiques fortement décomposées et peu de vers de terre. Il améliore la structure du sol et fixe les substances nutritives. Il peut être mis en contact avec les racines.
Le compost jeune (15 jours à 2 mois) renferme des matières organiques peu décomposées et de nombreux vers de terre. L’activité bactérienne est intense et sa valeur fertilisante est élevée. Il ne peut pas être mis en contact avec les racines ni être étendu en surface. Il doit être mélangé à la terre.

En savoir plus

Comité Jean Pain asbl
« Hof ter Winkelen »
Holle Eikstraat 34
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Tél. : + 32 (0)52.30.53.65
Fax. : + 32 (0)52.31.04.15

E-Mail : comite.jean.pain@skynet.be

http://www.comitejeanpain.be

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